26 janvier 2010 La question à laquelle le député-maire UMP préfère éviter de répondre : Pourquoi les impôts locaux sont-ils deux fois et demi plus élevés à Aix les Bains qu’à Tresserve ?
Quand on évoque Tresserve dans une conversation, il se trouve toujours quelqu’un pour ajouter que ce serait la « commune des riches ». Certes, quelques bonnes fortunes du coin se sont effectivement installées sur la colline qui domine le lac mais la population tresservienne est très largement ouverte à toutes les catégories sociales, y compris les plus modestes. En fait ce n’est pas seulement pour le charme et la douceur de vivre que certains préfèrent habiter Tresserve plutôt qu’Aix. Il y a aussi une question d’impôts locaux qui entre en jeu…
Le site gouvernemental (minefi) qui retrace, entre autres informations, la fiscalité locale pratiquée par chaque municipalité, est un redoutable comparateur de prix. Avant de choisir son installation dans telle commune plutôt qu’ailleurs les candidats à un déménagement feraient bien de s’en inspirer. En quelques clics ils découvriraient ainsi que bien des maires leur racontent d’énormes carabistouilles et qu’il faut toujours se méfier des apparences…
On a vu ici récemment que le député-maire UMP d’Aix les Bains (alias le Grand Baratineur) avait copieusement roulé ses électeurs dans la farine en leur racontant qu’il n’avait pas augmenté les impôts. En vérité les impôts locaux des Aixois ont augmenté de plus de 53% en huit ans de mandat de Dord. Cela représente même une augmentation record en région Rhône Alpes. Rappelons pour ceux qui l’auraient oublié que pendant cette même période l’inflation en France a été d’environ 13%. Ce qui signifie à Aix que les impôts locaux ont évolué quatre fois plus vite que l’inflation. De cela, Dord ne se vante jamais…
Mais il y a surtout un domaine que le Grand Baratineur évite d’évoquer, c’est l’injustice fiscale qu’il a laissée se créer entre « sa » ville et les autres communes de la CALB. Une injustice qu’illustre bien la comparaison entre Tresserve et Aix les Bains. Là encore les chiffres publiés par le Ministère des Finances sont impitoyables puisqu’ils démontrent, sans contestation possible, qu’un habitant d’Aix les Bains paie, en moyenne, deux fois et demi plus d’impôts locaux qu’un habitant de Tresserve. Et ceci dans des conditions de logement équivalentes, bien entendu.
Derrière la sécheresse des analyses il y a une réalité qui fait mal. Ainsi pour un logement d’une centaine de mètres carrés dont il serait propriétaire, un Tresservien paie aujourd’hui environ mille euros d’impôts locaux, taxe d’habitation et foncier bâti réunis. La même personne, propriétaire du même logement, mais cette fois à Aix les Bains, paierait alors.. 2400 euros d’impôts locaux, les deux taxes confondues. Et comme on conviendra aisément que des gens qui occupent des logements de 100 mètres carrés font partie des catégories moyennes de la société, la conclusion est facile à tirer : une famille moyenne qui habite Aix est frappée d’une pénalité de 1400 euros par an par rapport à la même famille habitant Tresserve. Ainsi, en vingt ans, moyenne d’amortissement d’un logement, la facture est de 28.000 euros plus élevée à Aix les Bains qu’à Tresserve. Le léger surcoût de l’immobilier sur la colline est donc assez rapidement amorti. Voilà une vérité que le maire UMP d’Aix les Bains n’aime pas trop qu’on lui rappelle. Mais pourquoi personne ne lui donne-t-il jamais la réplique quand il fait son bateleur d'estrade?
Un dernier pour la route : De ce haut fait d’arme, le Grand Baratineur ne se vante jamais. Il a sans doute tort car face à ses groupies endormies réunies au Palais des Congrès il pourrait y aller de bon cœur et leur dire par exemple : « Avant mon arrivée, les Aixois payaient deux fois et demi plus d’impôts qu’à Tresserve. Depuis mon arrivée j’ai réussi à ramener cette différence à tout juste 150% *». Succès et applaudissements garantis dans la salle et grands articles le lendemain dans la presse béate et admirative. * Oui, oui, vous avez bien vu : deux fois et demi plus cher ou 150% de mieux, cela revient exactement au même. Sauf pour les gens qui assistent aux shows du Grand Baratineur, bien entendu, sinon ils n’applaudiraient pas aussi bêtement à chaque ânerie de ce style. Quoi que…
Et la tournée du patron: Entre 2000 et 2008 (derniers chiffres recensés) le montant total des impôts réclamés aux familles aixoises est passé de 8,9 millions d’euros à 13,7 million d’euros, soit un bond considérable de 4,7 millions d’euros. Ce « surplus » de 4,7 millions d’euros se reproduit ainsi d’année en année. Et malgré cela, en 2008, la marge nette de la commune était négative de 1 million d’euros (pour la seconde fois consécutive) alors qu’elle était toujours nettement positive auparavant. Ne vous demandez plus pourquoi Dord a déjà épuisé deux directeurs des services financiers mais posez vous une seule question : ces données étant incontestables et à la portée de tous, pourquoi sommes nous les seuls à les communiquer aux Aixois ? |
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