20 janvier 2010 Le propriétaire d’une maison du XVIIIème qui se dégrade se souvient du jour où le député-maire UMP "avait les boules"
Au début des années 2000, Laurent Clerc Renaud, jeune viticulteur, était l’heureux propriétaire d’une maison du XVIII ème siècle dans laquelle il envisageait de faire soit un restaurant, soit un gîte d’étape, enfin quelque chose de sympathique et de productif… Et puis la CCLB est arrivée…
Pour son malheur cette authentique maison du XVIIIème se trouvait à Grésy sur Aix sur un terrain que la Communauté convoitait afin d’y réaliser une déchetterie. Une déchetterie dans ce lieu idyllique, au creux d’un vallon, au bord d’une rivière, à l’entrée d’une ville qui se voulait « touristique », Laurent Clerc Renaud n’osait pas y croire… Le naïf. Malgré les protestations du propriétaire, le président de la CCLB n’en démordait pas : la déchetterie se ferait là et nulle part ailleurs. Il était appuyé en cela par le maire de Grésy qui avait lui aussi entériné ce choix en dépit de nombreuses friches industrielles ou autres qui existaient dans sa commune. Les recours en justice n’y firent rien, la CCLB obtint ce qu’elle voulait, à savoir l’expropriation de plusieurs ares de terrain. La maison historique se retrouva ainsi privée de toute voie de communication et cernée par une déchetterie. Seule satisfaction du propriétaire : en allant devant les juges, il obtint que le prix au mètre carré proposé par la CCLB soit multiplié par deux : douze euros au lieu de six. Piètre compensation à la moins value qui frappait la maison et à la perte de plusieurs milliers de mètres carrés de terrain. Jusqu’à la fin du processus, on était alors en 2006, le président de la CALB (Quay Thévenon) et le maire de Grésy demeurèrent inflexibles, insensibles au préjudice (tant moral que financier) causé au propriétaire. La seule marque de « compassion» que rencontra Laurent Clerc Renaud lui vint du député-maire d’Aix les Bains. Lors d’un entretien, Dominique Dord assura au propriétaire qu’il n’y était pour rien, que lui ne s’y serait pas pris comme cela et il alla même jusqu’à lui dire : « Je te comprends, moi aussi à ta place j’aurais les boules ! ».
Quelques années ont passé, la déchetterie a ouvert et la maison historique, livrée à elle-même, a été la proie des prédateurs de toutes sortes. Volets et portes fracturés, murs taggés, squatteurs en tous genres, la pauvre demeure du XVIII ème siècle faisait peine à voir. Non seulement son propriétaire ne pouvait plus réaliser ses projets, non seulement il avait été exproprié de la plus grande partie de ses terres, mais de plus le seul bien qui lui restait se dégradait. Courageusement, Laurent Clerc Renaud décida néanmoins de faire front et de réhabiliter cette maison. Seulement pour cela il lui fallait l’autorisation de tracer une voie entre la bâtisse et la route et de faire venir l’eau et l’électricité. Autorisation qui lui fut refusée par le maire dans l’indifférence totale du nouveau président de la CALB, un certain Dominique Dord, celui là même qui aurait eu « les boules » comme il le disait alors. En désespoir de cause, Laurent Clerc Renaud s’adressa au président du Conseil général dont il demanda l’intercession. Apparemment Hervé Gaymard prit en considération la démarche et intervint auprès du maire de Grésy et du Président de la CALB afin de tenter de débloquer la situation. On assista alors au grand bal des hypocrites. Dans leur réponse à Gaymard, les deux élus locaux se renvoyèrent gentiment la balle. « C’est pas ma faute, c’est à la CALB de prendre les mesures » répondait en substance le maire de Grésy. « C’est parce que la mairie n’a pas tranché que la CALB ne peut encore rien décider » répliqua en quelque sorte le Grand Baratineur. Et la situation reste depuis au point mort.
Heureux propriétaire d’une maison historique au début des années 2000, Laurent Clerc Renaud vit aujourd’hui un cauchemar. S’il ne sait plus à quel saint se vouer, il voue désormais tous les politiciens locaux aux gémonies. « Aucun n’a de parole » dit-il amèrement. Sacrée découverte.
Voilà, c’était juste un exemple parmi d’autres pour démontrer que notre Grand Baratineur et ses affidés ne font pas que gaspiller l’argent public. Ils sont aussi capables de ruiner l’avenir de braves gens qui ne demandaient rien à personne, juste à vivre tranquille de leur travail et à profiter de leur patrimoine. Et ça, comme dirait l’autre « ça donne les boules! ».
Laurent Clerc Renaud raconte en détail ses déboires sur son blog http://gresy-sur-aix.com |
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