21 janvier 2010 Le « Bulletin » qui jette le trouble et fait naître le soupçon: la municipalité de Voglans échappera-t-elle à un grand déballage public ?
A Voglans, pour l’équipe municipale, la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Réunis autour d’Yves Mercier, son maire, le conseil municipal doit faire face, depuis son installation, aux critiques d’une opposition locale qui ne désarme pas. La tension est encore montée d’un cran cette semaine après la distribution d’un document qualifié de "bulletin d’information" par ses auteurs mais que les mis en cause considéreront sans doute comme une violente diatribe voire un vilain libelle…
Certes l’opposition politique voglanaise s’est régulièrement montrée incisive depuis les élections municipales mais la dernière et massive distribution du « Bulletin voglanais» suscite de telles interrogations dans la population locale qu’il ne va plus être possible à l’équipe en place de faire comme si il ne se passait rien.
Car dans son ultime mouture, l’opposition politique n’y va pas par quatre chemins. Et comme à Voglans il suffit de la distribution de cinq ou six cents exemplaires pour que tout le monde soit au courant, il semble bien que cette fois ci le maire et son équipe n’échapperont pas à une franche explication avec les électeurs. Il faudra bien, par exemple, que le maire réponde aux questions que son « opposition » lui pose à propos de la gestion du domaine de la prairie. Selon ses détracteurs, le maire serait obligé aujourd’hui d’endetter lourdement la commune pour faire face à des dépenses inconsidérées et qui ne répondaient en rien aux intérêts propres des habitants. Et quand on leur parle d’argent, les Voglanais tendent l’oreille…
Alors ils tendent encore l’oreille quand l’opposition révèle que le maire ferait refaire à leurs frais des locaux de ce fameux domaine de la Prairie, alors même que le tribunal avait demandé à ce qu’il y soit (préalablement) procédé à une expertise judiciaire. Il est encore question d’argent public quand l’opposition révèle qu’à l’occasion d’un procès, pourtant engagé par le maire lui-même, c’est un ancien locataire du fameux domaine de la Prairie qui maintenant réclame à la mairie de conséquents dommages et intérêts. D’argent public il est toujours question quand l’opposition annonce que le maire va devoir augmenter les factures d’eau alors qu’il aurait accordé des « remises » importantes à des entreprises locales jadis bien en cour.
Mais ce qui semble le plus interpeller les Voglanais après la lecture du bulletin de l’opposition, c’est sans doute la référence directe à une condamnation judiciaire qui visait le maire lui-même, non pas dans l’exercice de son mandat municipal, mais à l’occasion de ses précédentes fonctions de gérant d’entreprise. Et quand, dans le même document, l’opposition ajoute que les avocats qui défendaient M. Mercier dans ses affaires privées sont les mêmes que ceux qui défendent aujourd’hui les affaires publique de la commune, l’interrogation laisserait facilement la place au doute.
Le déballage sur la place publique de ces affaires gênantes ne peut pas rester sans lendemain tant le trouble pourrait s’installer définitivement dans la petite bourgade qui avait déjà été secouée par l'étonnant rachat, à la demande de la mairie, et pour 430.000 euros, d'une bicoque estimée par d'aucuns à 150.000 euros maximum. Alors après la lecture du dernier "Buletin voglanais" certains se disent qu’une mise au point du maire et de son équipe s’impose avant la prochaine séance de conseil municipal (prévue pour le 28 janvier). Bien sûr, personne ne contestera qu’une condamnation en justice pour des faits de gestion privée n’est pas de nature, en soi, à interdire à quiconque de gérer les affaires publiques. Mais quand des condamnations sont jetées sur la place et présentées comme des arguments « politiques » et mis en parallèle avec des actes municipaux, plus personne ne peut se cacher derrière son petit doigt. Avec ses « révélations » et ce qu’elles sous-tendent, le « Bulletin voglanais » a manifestement créé un trouble dans la commune. L’ignorer ne ferait que semer un peu plus un doute dont personne ne sortirait vainqueur, ni l’équipe en place, car le soupçon est un mal insidieux, ni l’opposition qui y joue aussi sa crédibilité.
Et si les parties en présence prenaient elles-mêmes l’initiative d’organiser la confrontation publique des faits et des idées ? |
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