Le gros mensonge de Dord devant le conseil municipal qui devrait lui valoir sa démission!

Un député-maire sur la même pente que son maître à penser?

Marché de Chambéry, octobre 2016, D. Dord accompagnait F. Fillon: c'était encore le temps où tout semblait sourire à ces deux personnages bientôt rattrapés par leur manie de la dissimulation (photo)


"Les yeux dans les yeux, monsieur le député, je vous assure que vous êtes un menteur". Pour parodier une célèbre tirade lancée naguère devant l'Assemblée nationale, voilà ce que chaque élu municipal aixois pourrait déclarer à Dominique Dord lors de la prochaine réunion du Conseil... En lui réclamant sa démission!

Le 14 décembre 2015 trente cinq élus municipaux aixois étaient réunis ou représentés dans la salle du conseil. Peu avant 20 heures, Dominique Dord fit présenter la délibération n°9-B. Une délibération en apparence anodine et qui n'aurait dû avoir aucune conséquence. Sauf que le malin s'en est mêlé...

La 9-B se rapportait à un employé de la mairie qui demandait à bénéficier de la protection fonctionnelle, une faculté ouverte à tout agent susceptible d'agir ou d'être traîné en justice. En principe, cette protection ne peut être accordée que par un vote du conseil municipal statuant en parfaite connaissance de cause et en toute indépendance d'esprit, sans la moindre pression... Comme il sied dans toute assemblée qui se veut démocratique.

Or, un premier accroc à la sincérité du scrutin est apparu dans le document préparatoire à la réunion du conseil municipal. Dord y invitait les élus, non pas à voter pour ou contre la demande de l'agent mais à se prononcer sur le "refus de la protection fonctionnelle". La nuance n'échappera à personne:

Curieuse conception de la démocratie que celle qui fait que le maire indique aux élus comment ils doivent voter, ceci avant même que ces derniers aient eu connaissance des faits sur lesquels ils allaient se prononcer et sans qu'ils aient pu en débattre.

En vérité, si Dord voulait absolument que les élus municipaux "refusent" la protection fonctionnelle à l'agent demandeur c'était parce que cela l'arrangeait à titre personnel. Et pour parvenir à ses fins, Dord n'allait pas hésiter à mentir honteusement et grossièrement.
A plusieurs reprises, et d'abord dans le résumé adressé aux élus avant la séance, le député-maire affirmait que le refus de la protection était justifié parce que le dit agent aurait "été reconnu coupable" de faits délictueux ayant causé un préjudice à la collectivité:

Pour être sûr d'emporter la décision, Dord allait ensuite encore charger la barque en ordonnant la lecture publique d'une délibération marquée d'une indéniable intention de nuire. Ainsi, à plusieurs reprises, ce 14 décembre au soir, l'orateur n'hésitait pas à marteler qu'il était "avéré" que l'agent s'était rendu coupable de faits graves entraînant une condamnation.

Plus étonnant encore, déclamant le texte validé par Dord, l'orateur du jour n'hésitait pas à laisser entendre publiquement qu'un tiers prétendument "connu pour son animosité déclarée envers la municipalité" (et dont le nom était cité à quatre reprises!) aurait été mêlé, de près ou de loin, aux présumés agissements coupables de l'agent. En faisant malicieusement intervenir le nom de ce tiers prétendument malveillant (dans une histoire où il n'avait pourtant rien à faire) Dord entendait bien faire basculer en sa faveur les quelques hésitants potentiels. Le résultat du vote fut conforme à ses espérances puisque 31 voix (la majorité municipale plus les deux élus d'extrême droite) votèrent le "refus" de la protection fonctionnelle, les 4 élus de gauche se réfugiant dans l'abstention.


Ça, c'était le 14 décembre 2015...

Presque un an plus tard, jour pour jour, le 16 décembre 2016, le tribunal correctionnel de Chambéry, jugeant le dit agent municipal, le relaxait de toutes poursuites.

En d'autres termes, il devenait évident que rien de ce que Dord avait prétendu être "avéré" ne l'avait jamais été.
Ce qui était avéré, par contre, c'est que, en décembre 2015, nul ne pouvait oser prétendre que le dit agent avait pu être "reconnu coupable" de quelque fait délictueux que ce fut, ceci dans la mesure où il n'avait jamais encore été jugé. Mais Dord, lui, il avait osé. C'est bien connu, les gens de sa trempe, ça ose tout, c'est même leur signe de reconnaissance!
Et l'on en arrive au coeur du problème.

Il est ainsi démontré que Dominique Dord a menti, volontairement, sciemment, honteusement menti à son conseil municipal. Ceci dans le seul but d'obtenir un vote en sa faveur. Mal embarqué dans une histoire de piratage informatique grand-guignolesque, Dord avait cru intelligent de désigner un coupable avant même que la justice ne se soit prononcée.

Il a menti, et c'est grave. Gravissime même.

Car si ce maire a été capable de mentir aussi effrontément dans une affaire de seconde importance, quel crédit peut-on encore accorder à ses paroles quand il aborde des sujets plus lourds de conséquences, y compris financières, comme les anciens Thermes par exemple.

Un maire ainsi pris en flagrant de délit de mensonge devrait avoir perdu tout crédit auprès de ses pairs.
Dans ces conditions, il serait juste que les élus, ceux qui ont été honteusement trompés au moment de voter, exigent du maire sa démission. Ailleurs, on appellerait cela la procédure d'empeachment !
Oui, ce serait normal dans une vraie démocratie.

Mais on est à Aix-les-Bains, cette république bananière par excellence. Et nous, ici, on ne va pas se mentir: il y a moins de chances que les élus aixois manifestent ce courage plutôt qu'ils préfèrent se fermer les yeux, le nez, les oreilles, la bouche.

Toute ressemblance avec quelque élu municipal aixois serait fortuite et involontaire

Un peu comme la presse papier locale, elle qui n'a jama
is fait la moindre référence au jugement qui a relaxé ceux que Dord avait publiquement désignés comme coupables avérés. Cette presse-là, c'est à ses silences qu'on mesure le mieux son indépendance..!


(à suivre)